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Pourquoi le diplôme ne fait pas le leader ?

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29 septembre 2023

Est-ce qu’être diplômé de la plus grande école (ou des plus grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs) fait de soi forcément un bon leader ou garantit le succès d’une carrière ? La réponse est non. Pourtant, certains cadres qui ont suivi des formations entre guillemets moins réputées peuvent avoir tendance à ressentir un plafond de verre, à se sentir moins légitimes et à développer une sorte de complexe d’infériorité.

Grandes écoles

Ces grandes écoles sont une particularité du système éducatif français. Elles sont censées former l’élite économique de la nation et elles établissent une sorte de hiérarchie entre les différentes formations. Ne pas arriver à intégrer l’une d’entre elle peut entraîner chez certains ou certaines un sentiment d’échec qui hélas persiste souvent à l’âge adulte. Par ailleurs, les personnes issues de ces grandes écoles ont parfois tendance à cultiver l’entre soi ou du moins (et c’est normal) une fierté d’appartenance qui peut créer une distance avec les autres même si celle-ci n’est pas souhaitée.

Pression

Ce point est fréquemment évoqué par certains de mes clients concernés. Moins confiants en eux, ils ont ainsi l’impression de devoir prouver qu’ils sont aussi compétents que les autres pour évoluer.

Pourtant, ces profils issus de formations moins renommées sont souvent très performants et ont toutes les compétences pour évoluer à des postes de hauts calibres. Ce sentiment d’infériorité fait qu’ils ont tendance à s’infliger beaucoup de pression dans leur quotidien de travail. Ils font en général preuve d’une très grande exigence envers eux-mêmes et avec les autres. Ils obtiennent des résultats très élevés mais ce comportement « de faire toujours plus, mieux, à fond… » leur donne un côté « compétitif  »  « prêts à tout » qui se retourne souvent contre eux et leur image de leader.

Quête de performance

Poussée à l’extrême, cette quête de performance se fait en réalité au prix d’une grande énergie dépensée qui les fatigue ou les use, qui se perçoit et qui les freine dans leur évolution de carrière. Ils ont ainsi du mal à être considérés sur d’autres postes par leur hiérarchie. Ils sont vus comme « trop dedans » « trop experts » et n’ayant pas assez de place pour une hauteur différente, un recul, une autre aura. Parfois même, ils peuvent pour certains être perçus par leurs équipes comme des personnes peu humaines et carriéristes avec un manque d’authenticité. Or l’entreprise, comme les équipes, attendent autre chose d’un leader aujourd’hui.

Les softs skills prennent de plus en plus d’importance

La frustration et le manque de légitimité empêchent ces cadres de développer pleinement leur potentiel de leader. Pourtant, le diplôme a relativement peu d’influence sur la carrière des cadres dans une entreprise. Celui-ci a surtout un poids lors des premières embauches pour les jeunes diplômés. Ensuite, ce sont d’autres aspects qui vont prendre de l’importance dans l’évolution d’une carrière. Certes, les compétences techniques comptent mais désormais les soft skills prennent de plus en plus d’importance et certaines d’entre elles sont cruciales chez les cadres comme : l’intelligence relationnelle, le mentorat, le travail en équipe, la pensée stratégique et systémique, la capacité à avoir une vision et à savoir prendre des décisions, le calme, l’équilibre, la performance durable etc…

Le diplôme n’est donc clairement pas le sujet

Le sujet pour évoluer reste la performance bien sûr mais aussi et surtout le leadership ! Le leadership englobe tout un tas de compétences qui ne s’apprennent pas en passant des diplômes. Il faut aller les chercher en soi et savoir les développer. C’est l’apprentissage de toute une vie qu’aucune formation académique, même d’excellence, ne vous apportera.

Donc tout professionnel, diplômé ou non de la meilleure des écoles, pour passer à un poste de calibre supérieur, doit à un moment donné travailler son leadership et apprendre à utiliser son plein potentiel.