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Prise de poste : les erreurs à éviter

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3 juillet 2026

Une prise de poste est toujours un moment crucial et délicat : intégrer une nouvelle entreprise, faire un step-up, passer d’un poste opérationnel à fonctionnel, prendre un poste en expatriation… Cette période est à l’image d’un jeu d’échecs mêlant en même temps stratégie, sens politique, légitimité et performance, qui rend la partie risquée. Ce n’est donc pas une surprise de constater que 35% des dirigeants promus en interne et 47% des dirigeants recrutés en externe sont considérés comme des échecs(*). Dans cet article, je vous propose de voir ce qu’il se joue lors d’une prise de poste : ce que vous ne voyez pas forcément et les erreurs à ne pas commettre.

Prise de poste : les erreurs à éviter

Reproduire ce qui a fonctionné ailleurs

Le réflexe naturel pour réussir votre prise de poste est de reproduire vos succès passés : même secteur, même type d’organisation, mêmes recettes. Ce raccourci est d’autant plus facile à faire que l’entreprise vous recrute très souvent pour ce que vous avez déjà accompli. S’il est possible de capitaliser sur certaines expériences, il n’est pas recommandé de calquer les mêmes méthodes. C’est d’ailleurs souvent là que les échecs se profilent.
En effet, chaque entreprise est une tribu, a ses non-dits, ses rapports de force, ses tabous. Appliquer de manière mécanique une solution importée, c’est ignorer tous ces aspects. Cela peut sembler évident, pourtant il s’agit d’une erreur fréquente lors des prises de poste ; erreur qui va être amplifiée par le fait que vous voulez bien faire et marquer rapidement des points. Vos compétences sont précieuses mais elles ne sont pas transférables sans ajustement. Elles doivent vraiment s’adapter au contexte.

Négliger les jeux politiques 

Chaque organisation est constituée de jeux politiques internes avec ses coalitions, ses histoires, ses loyautés ou ses rancœurs. Il est facile d’être rapidement perçu comme une menace. Identifier vos alliés, vos opposants ou les personnes neutres, c’est-à-dire celles qui attendent de voir qui vous êtes et ce que vous valez réellement, est un travail incontournable. Cette cartographie doit être réalisée dès votre arrivée sinon vous risquez de vous retrouver pris au piège, isolés, contournés ou sabotés sans vous en rendre compte.

Prendre conscience des jeux politiques internes nécessite de prendre un peu de hauteur et de savoir observer. Attention donc à ceux qui, lors de leur prise de poste, n’y sont pas attentifs. Très concentrés sur vos missions, vous pouvez négliger cet aspect. En focalisant trop sur l’opérationnel, vous risquez de ne pas voir ce qu’il se joue autour de vous : les réactions, le fonctionnement des autres, les alliances. Cette erreur risque de vous coûter cher.

Rester seul face à vos incertitudes

La prise de poste est une des périodes professionnelles les plus déstabilisantes. Vous devez montrer que vous êtes légitime et apporter rapidement des résultats dans un environnement nouveau. Vous ne voulez pas (et c’est normal) laisser entrevoir de doutes, un besoin de clarification ou une incompréhension. Par conséquent, vous êtes souvent seul face à l’incertitude et à vos questions. 

Le stress de la performance attendue s’ajoute ainsi à celui de l’intégration. Beaucoup de cadres réagissent en s’investissant trop et en voulant tout contrôler quand d’autres s’effacent par prudence. En faire trop ou pas assez ne renvoie pas une bonne image de vous aux équipes. Rappelez – vous : les perceptions font et défont les carrières.

Ne pas prendre en compte l’histoire de votre nouvelle équipe

Reprendre une équipe existante, c’est hériter d’une histoire. Certains membres avaient une relation forte avec l’ancien manager quand d’autres espéraient le poste. Certains chercheront à vous tester, d’autres vous attendront avec impatience. Avec votre nouvelle équipe, vous ne partez pas d’une page blanche : celle-ci s’inscrit dans une dynamique déjà en mouvement. Votre posture et votre savoir-être vont structurer votre relation avec votre équipe dans la durée. Transformer une équipe héritée en équipe engagée ne s’improvise pas. C’est un objectif en soi qui se pilote.

Les cadres peuvent négliger cet aspect pris par le temps et leur propre enjeu à réussir vite. Cette erreur est souvent non-intentionnelle. Elle peut parfois être due à des agendas d’on-boarding trop chargés que d’autres ont préparés pour vous. Les rendez-vous s’enchaînent et vous n’avez pas le temps de rencontrer chaque membre de votre équipe. Essayez de dégager du temps pour nouer des liens avec les membres de vos équipes pendant votre période d’essai afin d’éviter cet écueil.

Gare aux quick wins !

Démontrer sa valeur rapidement est une nécessité mais un “quick win” mal choisi peut faire des dégâts. Changer quelque chose d’important pour marquer son territoire, c’est risquer de mettre à mal ce qui fonctionnait. Le bon quick win est celui qui est visible et apporte une solution à une problématique collective sans faire de perdants. 

Comprendre la culture avant de la transformer

Les entreprises recrutent souvent les cadres pour leurs compétences mais mettent fin à leur période d’essai pour des incompatibilités culturelles. La culture d’une organisation détermine de nombreux aspects de la vie d’une entreprise comme la prise de décision, la manière de valoriser, définir ce qui est toléré ou sanctionné, la façon d’interagir…

Un cadre qui brise les codes culturels sera vite perçu comme n’ayant pas le bon fit et catalogué comme étant une erreur de recrutement. Comprendre la culture avant de vouloir la transformer est une condition indispensable. Si votre objectif est de faire évoluer la culture de votre nouvelle entreprise, vous devez le préparer en amont, avoir une stratégie bien définie et supportée (défendue) par votre hiérarchie. 

Appliquer un management vertical

Lorsque vous arrivez dans une nouvelle entreprise, le pouvoir hiérarchique vous est naturellement accordé avec votre titre mais votre légitimité en tant que leader doit se construire dans le temps. Or, dans les premiers mois suivant votre arrivée, vous devez obtenir des résultats rapidement en vous appuyant sur une nouvelle équipe avec laquelle vous n’avez pas véritablement d’ascendant. L’erreur serait de vouloir la soumettre avec un management trop vertical pour remplir vos objectifs.

Cette attitude est fortement déconseillée car vous risquez de perdre votre légitimité et votre crédibilité. Mettez, au contraire, d’autres leviers en place comme la qualité de l’écoute, la clarté des messages, la capacité à engager ou à fédérer soit un registre différent du management descendant classique. Votre leadership en sortira renforcé et vous atteindrez mieux vos objectifs.

Échec de recrutement : les cadres paient le prix fort

Lorsque la période d’essai s’arrête, l’entreprise subit une perte (financière et organisationnelle principalement) mais ce sont les cadres qui sont les plus perdants.En effet, un échec de prise de poste n’est pas un simple revers professionnel. Il s’agit d’une séquence brutale, dont chaque étape aggrave la précédente :

  • Si vous avez quitté un poste stable pour rejoindre une nouvelle entreprise, vous ne disposez plus de filet de sécurité et vous ne pouvez plus revenir en arrière. Vous devez donc repartir de zéro.
  • Si votre recherche d’emploi a été longue et difficile, repartir dans une nouvelle démarche après une période d’essai avortée, c’est une double peine. Le marché n’est pas indulgent avec quelqu’un qui « n’a pas su faire ses preuves. » 
  • Vous allez devoir vous justifier sur votre échec. Tous les recruteurs vous le demanderont. Les réponses honnêtes ne sont pas toujours faciles à partager et “mentir” à chaque entretien est fatiguant. 
  • En cas d’évolution interne, votre management ne vous pardonnera pas facilement d’avoir raté un saut hiérarchique dans votre propre entreprise. Un retour en arrière est rarement possible. Cet échec peut finir en rupture.

La prise de poste n’est donc pas seulement un moment stratégique, c’est une période à haut risque personnel et professionnel. Faites vous accompagner. À toutes fins utiles, voici notre accompagnement Prise de poste. 

(*) rapport

Image prise de poste